Une fable de Noël
Une fable de Noël
Fable, dediée par les oiseaux aux enfants lorrains
(pour qu'il la raconte à leurs parents)
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Huppe fasciée © Jean-Louis CORSIN |
Néanmoins quelque voix se sont élevées avec courage - il en fallait beaucoup en l'occurrence - pour prendre la défense des accusés. Un milan royal, qui a les moyens, vu son rang, de se faire expédier le " R.L. " dans ces contrées lointaines, constatait haut et fort que dans son journal on défendait régulièrement la cause des oiseaux ; un rouge-queue noir disait que son hôte, M. Martin, avait prévu pour lui dans son jardin une solide maisonnette pour abriter le fruit de ses amours ; un gobe-mouche gris que le petit Kevin avait dissuadé ses parents, les Meyer, de couper le grand arbre au fond du jardin où de retour d'Afrique, il trouvait un havre à sa convenance ; un torcol fourmilier louait les efforts d'un groupe de bénévoles d'Ancy sur Moselle pour restaurer des vieux vergers et les canards ainsi que les limicoles unanimes ne tarissaient pas d'éloges sur le Conseil Général de Moselle de leur avoir consacré, en même temps qu'aux poissons, l'exclusivité si bienfaisante des étangs du Domaine du Lindre.
Il fallait constater toute fois que dans ce concert discordant, les plaintes et le désespoir l'emportaient largement. Il n'est donc pas étonnant, que les oiseaux se soient tous mis d'accord- une fois n'est pas coutume en politique- sur une motion finale à l'adresse des Lorrains ( mais dont les droit de reproduction ont déjà été demandé par plusieurs syndicats d'oiseaux d'autres régions) qui se termine ainsi : " Nos ancêtres occupaient la Terre des millions d'années avant les hommes. Malgré leur arrivée tardive, nous n'avons pourtant jamais contesté leur règne et même admis qu'ils amputent nos territoires pour pouvoir manger à leur faim. Maintenant qu'ils produisent des surplus, qu'ils sont repus et même suralimentés, nous les implorons solennellement de nous laisser, comme co-locataires seulement, les divers habitats restants qui sont nécessaires à notre survie. Qu'ils veuillent bien méditer la phrase suivante d'un des leurs, du nom de Saint-Exupéry : " Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants "
G.Blaising
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