Le vol des oiseaux
Le vol des oiseaux
Les oiseaux partagent avec les insectes et les chauves-souris l'enviable privilège de voler.
Autant les trajectoires rapides et désordonnées des insectes sont difficiles à suivre du regard et plus encore celles, nocturnes, des chauves-souris, autant les hommes ont toujours été fascinés par l'évidente adresse, vitesse et endurance avec lesquelles les oiseaux se meuvent en l'air.
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On distingue le vol battu au cours duquel les ailes " rament " de manière constante, le vol à voile où les oiseaux, ailes déployées et arrêtées, se font porter par les courants ascendants de convection ( thermiques ) ou de pente et, entre les deux, le vol plané qui consiste à glisser sur l'air les ailes déployées et qui entraîne généralement une perte d'altitude. Toutes les espèces pratiquent le vol battu au moins brièvement pour décoller, atterrir ou rejoindre une colonne d'air ascendant. De même la plupart des espèces utilisent par intermittence régulière ou variable les glissés, ailes allongées.
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L'habileté manœuvrière, la vitesse et l'endurance sont principalement ( mais pas exclusivement ) fonction à la fois de la forme des ailes, de la puissance de leurs muscles moteurs, de leur surface portante par rapport au poids total ( la charge alaire ) ainsi que du régime alimentaire.
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Le vol battu consomme 10 fois plus d'énergie que la locomotion à terre et infiniment plus que le vol à voile. Le vol plané est donc pratiqué, au moins brièvement, par de nombreuses espèces comme moyen de se reposer quelque peu en interrompant un instant l'activité musculaire. L'endurance au vol est par ailleurs liée aux capacités de stockage des graisses servant de réservoir de carburant et au régime alimentaire.
Le rôle de celui-ci est parfaitement illustré par la comparaison entre la cigogne blanche et la grue cendré, échassiers de tailles voisines qui fréquentent tous deux la Lorraine. Les cigognes blanches qui avalent une nourriture exclusivement animale, riche en protéines mais pauvre en graisse seraient incapables, le voudraient-elles, de soutenir un vol battu très prolongé. A la fin de l'été, elles mettent donc éventuellement des semaines pour se rendre en vol à voile, de thermiques en thermiques aléatoires, dans leurs zones d'hivernage en Espagne ou en Afrique. Il en tout autrement des grues cendrées dont l'alimentation avant et pendant la migration est constituée en grande partie de céréales, voire de pommes de terre glanées dans les champs, après s'être déjà nourries de rhizomes de roseaux, de baies et d'airelles. Bien dotées en réserves de calories elles sont donc en mesure de franchir dans la journée des étapes de plusieurs centaines de km en vol battu.
Le vol des oiseaux ne finira pas de provoquer étonnement et admiration chez ceux qui leur prêtent quelque attention. Qui d'entre-nous n'a-t-il pas déjà éprouvé secrètement un sentiment d'envie en voyant hirondelles et martinets évoluer avec une suprême aisance dans le ciel, même si nous nous ne sommes pas allés jusqu'à vouloir concrétiser nos rêves éphémères et utopiques, au contraire d'Icare.
Gilbert Blaising
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